Services et Approvisionnements à l'International - Shipchandler - Import / Export

Category : Reportages

Fournisseur de matériels pour l’aquaculture (pisciculture, conchyliculture, algoculture…)

L’aquaculture est un secteur d’activités très large et très exigeant, traitant du vivant évoluant dans des milieux souvent très variables. Il est donc primordial de n’utiliser que du matériel de première qualité.

Atlantic Avitaillement, depuis plus de vingt ans déjà, s’entoure des meilleurs Partenaires internationaux pour vous proposer des produits parmi les meilleurs du marché.

Ces différents types de cultures ou d’élevages marins sont assez différents les uns des autres mais utilisent malgré tout des familles de produits assez semblables, dont en particulier :

– Des cordages synthétiques : corde de captage, corde à moule, cordages câbles, cordages tressés, cordage double tresse (double braided rope) ou Noblecor, aussières en 8 torons, cordage de filière, etc …

– Des bouées : bouée de balisage, bouée de signalisation, bouée gonflable, bouée de corps mort, bouée pour mytiliculture, pare battages, etc.

– Des accessoires de levage : chaînes, manilles, crochets de sécurité, etc.

– Des caisses et bacs plastiques : toutes dimensions, tous types set couleurs.

– Des vêtements de travail : bottes, sabots caoutchouc, cottes à bretelles cirés, vestes cirées, cuissardes waders, gants, etc.

Equipements de sécurité : VFI, harnais, casques, etc.

Filets, tresses et accessoires : filets de protection, aiguilles à ramender, etc.

Coutellerie professionnelle, etc.

L’aquaculture comprend :

1 – La pisciculture ou élevage des poissons d’eau douce, saumâtre ou salée

2 – La conchyliculture ou élevage maritime de coquillages comprend :
► l’ostréiculture ou élevage des huîtres
► la mytiliculture ou élevage des moules
► la pectiniculture ou élevage des pectinidés dont la coquille Saint Jacques et la pétoncle
► la cérastoculture ou élevage des coques
► la vénériculture pour l’élevage des palourdes
► l’halioticulture ou élevage des ormeaux

3 – Les crustacés
► la pénéiculture ou l’élevage de crevettes
► l’astaciculture ou élevage des écrevisses
► la coraliculture pour l’élevage des coraux
► l’algoculture pour l’élevage des algues

Utilisation des jumelles à très longue focale de FUJINON FUJIFILM

Manuel d’utilisation des jumelles Fujinon Fujifilm à très longue focale

Modèles jumelles 25 x 150 MT-SX, jumelles 25 x 150 ED-SX, jumelles 25 x 150 EM-SX et jumelles 40 x 150 ED-SX

Nous vous remercions d’avoir choisi les jumelles FUJINON FUJIFILM.
Nous vous recommandons de lire attentivement le manuel de bonne utilisation ainsi que les instructions pour une utilisation optimale de vos jumelles. Vous assurerez de cette manière des années d’utilisation réussie. Pour de meilleurs résultats, l’utilisation du support d’origine en option est recommandé. Vous trouverez ci-après une description complète sur la manière d’utiliser vos jumelles avec ce support parfaitement adapté.


Précautions d’usage

► Lors de la manipulation des jumelles, assurez-vous de saisir le corps de celles-ci des deux côtes en même temps. Ne pas utiliser les pare-soleil ou les oculaires pour déplacer les jumelles. Cela pourrait entraîner des dommages importants.
► Ne pas regarder directement le soleil avec vos jumelles. Cela peut être extrêmement dangereux et provoquer des lésions graves et irrémédiables de votre vue.
► La chute ou la destruction de la jumelle peut causer des blessures corporelles.

Caractéristiques

L’ensemble de la série des jumelles de très longue focale est équipé de lentilles d’objectifs de 150 mm de diamètre. Chaque lentille de la jumelle possède un revêtement anti-reflet multicouches (par faisceau d’électrons) qui augmente la transmission de lumière, tout en réduisant les réflexions parasites. Le traitement vous donne également une image plus claire. Grâce à cela, vous obtenez une haute résolution et la précision des couleurs dans la lumière du jour ainsi qu’une remarquable capacité de capter la lumière de nuit. Ces jumelles sont étanches. De plus, les matériaux utilisés présentent une résistance exceptionnellement élevée à la corrosion, ce qui rend les jumelles FUJINON de très longue focale capables de résister à des conditions environnementales extrêmes.

Noms des différentes pièces

Photo ci-dessous : exemple de jumelles de la série x150
Modèle standard : corps de couleur grise. Couleur noire uniquement pour commande quantitative.

Positionnement sur le support

Pour retirer les jumelles du support, effectuer l’opération indiquée en (2) et desserrer les deux vis utilisées pour fixer les jumelles au support, puis suivez la procédure (3) dans l’ordre inverse.

► Photo (1) ci-dessus
A l’aide des trois boutons à tête hexagonale fournies pour le montage, fixer le support sur une base solide, comme par exemple un trépied ou un plot. Attention si le support n’est pas solidement fixé, les jumelles tomberont également compte tenu de leur poids.
► Photo (2) ci-dessous
Inclinez la tête du support jusqu’au repère de 50° sur l’échelle d’inclinaison, puis serrer le levier de verrouillage d’inclinaison fermement pour empêcher la tête du support de bouger.
► Photo (3) ci-dessous
Placez les jumelles de sorte que la rainure sur la partie inférieure du corps des jumelles couvre la tête du support, puis engager le crochet de positionnement inférieur des jumelles sur la plaque inclinée de la tête du support.
► Photo (4) ci-dessous
Serrer les deux vis de blocage prévues dans la tête du support afin de fixer les jumelles en toute sécurité.

Pour retirer les jumelles du support, effectuer l’opération indiquée en (2) et desserrer les deux vis utiliséespour fixer les jumelles su support, puis suivez la procédure (3) dans l’ordre inverse.

Instructions

► Réglage de l’écart inter-pupillaire
(1) Regardez dans les jumelles en positionnant vos deux yeux au près des oculaires.
(2) Maintenez les blocs prismes avec les deux mains et bouger lentement les deux parties afin de les réunir pour régler la distance inter-pupillaire, de sorte que les champs gauche et droit se chevauchent pour former une seule image circulaire.
► Mise au point
(1) Tournez les bagues dioptriques de chaque oculaire, de chaque voie (gauche et droite) jusqu’à ce que le vision devienne nette.
► Réglage de l’inclinaison
(1) Desserrer le levier d’inclinaison de verrouillage pour libérer le verrou
(2) Inclinez les jumelles en tenant les poignées et mettre leur inclinaison à l’angle désiré.
(3) Lorsque l’angle désiré est atteint, verrouiller les jumelles avec le levier de verrouillage
► Réglage de la direction
(1) Desserrer le levier de verrouillage de direction pour libérer le verrou.
(2) Positionnez le corps des jumelles à l’angle de direction souhaité.
(3) Lorsque l’angle désiré est atteint, verrouiller le corps des jumelles avec le levier de blocage de direction.

Note : La position des leviers de blocage peut être modifiée en tirant celui-ci vers l’extérieur et en le tournant vers la position souhaitée.

 

Options

► Support : support dédié pour fixer les jumelles série 150 Fujinon Fujifilm sur un trépied, avec ajustement d’inclinaison et de direction.
Plage de réglage d’inclinaison : -20° -80°
Plage de réglage de la direction : 360°
► Trépied : trépied de conception résistante et d’une grande stabilité permettant de soutenir les jumelles série 150 Fujinon Fujifilm ainsi que leur support.
► Filtres : filtres polarisants et « nebula » disponibles sur commande.
► Nous proposons des valises spécialement aménagées pour garantir le transport des jumelles Fujinon Fujifilm à très longue focale.

Maintenance et stockage

► Poussières sur les lentilles
Enlever les poussières ou autres corps étrangers à l’aide d’un pinceau doux, propre et sec. Assurez-vous que que celui-ci est exempt de corps gras.
Les poussières et empreintes sur la surface des lentilles altèrent la netteté de l’image et peuvent devenir impossible à enlever. Utilisez la chiffonnette fournie ou du papier doux imbibé d’une petite quantité d’alcool et essuyez la surface de l’objectif avec un mouvement circulaire du centre vers le ord extérieur.
► Salissures sur les corps des jumelles
Utilisez un chiffon doux imbibé d’eau ou d’une solution contenant un détergent synthétique pour enlever la saleté à l’extérieur des jumelles. Ne pas utiliser de diluants ou de solvants organiques similaires (acétone) qui pourrait altérer le revêtement de la peinture des jumelles.
► Stockage : Afin d’assurer de nombreuses années d’utilisation satisfaisante de vos jumelles, il est vivement recommandé d’éviter le stockage dans des endroits avec des températures élevées ou une forte humidité. Ranges-les dans un local avec une bonne ventilation.

SAV Service après-vente

Atlantic Avitaillement assure le suivi des jumelles que nous commercialisons nous-mêmes et celui de toute jumelle de marque Fujinon Fujifilm.
L’entretien et la maintenance sont réalisées par nos Techniciens garantis Fujinon Fujifilm. Nous fournissons aussi toutes les pièces détachées de l’ensemble des gammes de jumelles de marque Fujinon Fujifilm, pour le monde entier.
Nous recommandons le transport des jumelles de la série 150 à très longues focales dans nos valises spéciales de transport.

Retrouvez toute la gamme de jumelles Fujinon Fujifilm sur www.jumellesmarine.fr et www.marinebinos.com.

Le Rigging : Travaux en hauteur

Le rigging

Accrocher du matériel et s’accrocher soi-même font partie de ce que l’on nomme le rigging. Le rigging est une vraie spécialité que n’autorise aucune approximation. Cela tombe bien, quelqu’un qui pratique le rigging est nommé en anglais rigger ! Rigging peut se traduire par manœuvre, haubanage, gréement, suspente, arrimage, amarrage, etc.

Les riggers sont ces personnes harnachées de harnais qui montent et évoluent dans les structures hautes et souvent démontables des spectacles musicaux, des cirques, des tours en construction, des éoliennes et des ponts en construction et en maintenance. Le rigging c’est aussi ces arboriculteurs qui élaguent de hauts arbres, les nettoyeurs de vitrages des tours urbaines dans leurs nacelles suspendues à de fins cordages synthétiques et retenues par des crochets de sécurité.

Ces riggers doivent évoluer en parfaite sécurité et le rigging n’autorise aucune erreur.

Le matériel et tous les accessoires de rigging, que ces riggers utilisent dans leurs opérations doivent répondre aux plus hautes exigences possibles, car toute faute peut être fatale.

Le rigging utilise des cordages synthétiques de haute qualité comme des drisses Polyamide et Polyester, des câbles acier fins, souvent des câbles acier inox et/ou antigiratoires, des crochets de sécurité haute résistance, des sangles synthétiques, des manilles d’accroche, des chaînes en acier, des tendeurs et de nombreux autres accessoires.

La société Atlantic Avitaillement vous propose de nombreuses gammes de produits de chaînes acier, cordages synthétiques et câbles acier et l’ensemble de leurs accessoires spécialement conçus pour le rigging. Les plus grands Fabricants internationaux d’accessoires dédiés au rigging font confiance à Atlantic Avitaillement pour la distribution de leurs accessoires de haute qualité spécialement adaptés au rigging.

Les produits du rigging.

serre-câble
câble acier galvanisé et inox en 7 x 19 et 7 x 7
pince coupe câble
chaîne haute résistance grade 80
élingue sangle synthétique
élingue cordages synthétiques
cordage Polyamide, cordage Polyester, Dyneema et tous autres cordages synthétiques
élingues de chaînes multibrins
manille
manchons acier galvanisé, acier inoxydable et manchon cuivre
crochets de sécurité
cosse coeur pour câble et cordage
tendeurs
maille rapide
mousqueton
crochet à émerillon
émerillon
anneaux de levage et anneaux de fixation
maillon à souder
coupleur de chaîne et raccourcisseur de chaîne
tendeur d’arrimage

Nos Partenaires internationaux sont les meilleurs : THE CROSBY GROUP, FACOM, CAMP, etc. ; En savoir plus.

Comment se fabrique un câble acier ?

En utilisant un câble acier dans les secteurs forestier, de la pêche, de l’industrie, du levage, de l’offshore … vous-êtes-vous déjà demandé comment ce câble acier avait été fabriqué en usine ?

Les opérations de fabrication d’un câble acier sont nombreuses et longues. Une usine de câble d’acier peut produire elle-même son fil acier mais aujourd’hui la plupart achètent le fil préfabriqué dans des usines spécialisées. A partir de ce fil, de qualités et de diamètres très variables, la première opération consiste à construire, à former les torons qui composeront ensuite le câble lui-même. Par exemple un câble acier terminé en 6 x 19 sera composé de six torons de chacun dix neuf fils.

Les imposantes et bruyantes machines de fabrication de câble acier tressent littéralement les fils en torons, qui sont graissés au fur et à mesure dans le meilleur des cas, puis ces torons de câble formés sont tressés sur eux-mêmes pour former le câble acier fini. Ce câble acier terminé est graissé vers la fin de l’opération et enfin essoré de toute ou partie de cette graisse, selon les fabrications et les éventuelles demandes des Clients.

Si ce câble acier est compacté, il doit subir une opération supplémentaire, en passant sur des mâchoires très puissantes pour emboutir une partie supérieure de chaque fil extérieur et lui donner son compactage final. Le câble sera finalement enroulé sur un touret ou une bobine, en général en bois mais pouvant être en acier pour les plus importants diamètres, afin d’être commercialisé et transporté.

Cette intéressante vidéo vous montre également les tests de rupture que les plus importants fabricants de câble acier internationaux pratiquent en interne pour établir et vérifier les charges de rupture du câble acier.

Enfin vous y verrez les granulés de synthétique et les mines de couleur qui une fois fondus et mélangés, vont permettre la fabrication d’une gaine de protection, en général de PES Polyester, qui permettra au câble une meilleure longévité.

Votre câble de pêche, vous le voulez comment : rond ou compacté ?

Pour les funes de chalut et les coulisses de thonier, il est possible de s’équiper en câble acier galvanisé de deux types : le câble acier galvanisé fil rond ou le câble acier galvanisé fil compacté.

De quoi s’agit-il ?

► Le câble acier galvanisé fil rond est, comme son nom l’indique explicitement, de fils parfaitement ronds
► Le câble acier galvanisé fil compacté présente, lui une surface de contact plus important sur chaque fil extérieur composant chaque toron.

Comme on peut bien le voir sur les deux schémas de câble acier présentés ici, le câble acier fil rond présente une surface minimale en sommet de chaque fil, qui sera d’autant plus sollicitée en usure. Alors que la surface de contact plus étendue d’un câble acier compacté répartira mieux et plus largement les pressions, autorisant ainsi une longévité plus importante et une meilleure tenue du câble acier compacté par rapport au câble acier fil rond.

Pour obtenir un câble acier compacté, notre Partenaire fait passer son câble acier fil rond dans une machine adaptée (voir la vidéo ci-dessous d’un fabricant de telles machines) qui emboutie ou écrase la rondeur extérieure des fils acier, comblant ainsi les interstices inter-torons que l’on peut voir sur un câble acier fil rond tout en renforçant la structure métallique de la partie extérieure de chaque fil.

Un câble acier compacté est donc plus résistant à l’abrasion.

Crochet Viking : une marque disparue…

L’histoire d’une marque : Viking

Viking fut durant des années la marque de référence de pièces d’accastillage de très haute qualité, originaire de Scandinavie comme son nom l’indique. La société a disparu depuis longtemps déjà mais l’excellence de la fabrication Viking perdure chez les Marins.

Parmi ces produits Viking on parle toujours du crochet ou croc (Viking G hook), de la maille principale Viking (Viking recessed master link) ou encore du margouillet pour thonier senneur (Viking purse seine ring).

AA Atlantic Avitaillement vous propose les mêmes pièces, toujours fabriquées en Scandinavie … par des descendants de Vikings, mais sans la marque de fabrication disparue Viking.

Ces crocs de type Viking, ces mailles et ces anneaux de sennes sont tous fabriqués dans des aciers de très haute qualité et forgés par des scandinaves qui savent encore que sur mer, sa vie est parfois entre les mains d’une pièce métallique sur laquelle on doit pourvoir compter, même, et surtout, dans des conditions extrêmes de navigation. Ces pièces de forge sont pour beaucoup en acier inoxydable et représentent ce qui se fabrique de mieux sur terre pour aller en mer.

Ces équivalents croc Viking, anneau de senne ou margouillet et maille sont certifiés par le DNV Det Norske Veritas, un des organismes internationaux de référence les plus réputés en certification.

Présentation de http://www.thonier-senneur.net/

Thonier senneur

Il existe quelques quatre cent grands thoniers océaniques dans le monde bon an mal an, selon les fluctuations des marchés du thon.
Ces thoniers senneurs chassent le thon au niveau de l’équateur sur trois océans ; l’Atlantique, l’Indien et le Pacifique. Quatre cent thoniers senneurs représentent une communauté de marins d’environ vingt mille marins, à laquelle il faut ajouter des dizaines de milliers d’autres personnes à terre, partout dans le monde, qui vivent et font vivre leurs familles grâce au travail de ces Equipages et à un des plus beaux poissons marins qui soit : le thon.

Il y a les personnels des conserveries de thon, les personnels portuaires dont les dockers, les Equipages de nombreux autres navires qui assistent les thoniers senneurs en mer et transportent le thon sur les océans, les chercheurs qui aux aussi traquent les thons dans les eaux chaudes pour étudier leur comportement et protéger la ressource, les personnels à terre des compagnies maritimes exploitant ces thoniers senneurs, l’ensemble des Fournisseurs qui approvisionnent ces navires de grande taille dans leurs ports d’escale (et Atlantic Avitaillement en fait partie), et tant d’autres encore.

Mais aucun de ceux-là n’existerait si les Marins travaillant à bord des thoniers senneurs n’étaient pas là. Ces quelques vingt mille Marins forment de par les mers, malgré leurs langues et origines différentes, malgré leur éloignement géographique, une véritable communauté qui aujourd’hui peut échanger facilement grâce à internet et aux nouveaux outils de communication.

Vous voulons ici saluer le travail remarquable d’un de ces Marins au thon, breton de son Ile de Sein, qui depuis plus de dix ans, collecte des milliers de photos de thoniers senneurs et de la vie des Marins à bord de ces navires, pour les transmettre à celles et ceux, qui comme lui, sont amoureux de la mer et de la pêche.

Visitez le site Thonier Senneur de Gilles TANGUY et rejoignez son Groupe Facebook.

Pêche aux thons dans l’Océan Indien – Reportage

Chasse au thon dans l’océan Indien

Bertrand Demée, embarqué à bord du Bayota, de la société d’armement Concarnoise, la Cobrecaf, nous conte cette chasse très particulière vécue au beau milieu de l’océan indien.

bosco (1)filet

Les Seychelles…

Voilà bel et bien un nom qui fait rêver. Mais loin des clichés vacances, un petit nombre de nos compratriotes bretons vivent chaque année l’aventure de la pêche au thon au large de l’île de Mahé.

carte-ocean-indien-1
Le port de Victoria

port-de-victoria-1La capitale de l’état insulaire des Seychelles (au nord-est de Madagascar) implantée sur l’île de Mahé, compte environ 70000 habitants qui parlent le créole, le français et l’anglais. C’est ici sur les quais de Victoria que la Cobrecaf de Concarneau installa ses navires entre 1981 et 1982.
Enfin la terre ! après une dizaine d’heures de vol. sur le sol de cet aéroport minuscule. Une trentaine de personnes sortent tout de même de l’avion. Je calcule déjà le temps d’attente mais, surprise. Malgré la nonchalance des douaniers, les formalités sont rapidement bouclées. « béni ! Direction le port de Pêche ! »- C’est 100 roupies „ (environ 115 francs). Cent roupies pour quelque l0 kilomètres ! Trop cher !

Seychelles, aéroport de Victoria, 24 janvier, 11 h 15.

J’opte alors pour le bus, et change de voie car ici, aux Seychelles, on roule à gauche. Un signe de la main, trois roupies. Et c’est parti !
Alors que la majorité des habitants de l’île semble endormie. comme anesthésiée par la chaleur, sur les quais du port de Victoria, il n’y a pas de place pour l’oisiveté. Je croise le regard des dockers. Seychellois de souche. qui, le front perlé de sueur, demeurent indifférents à la chaleur et au « blanc » qui passe. Mélange de sons et d’odeurs, de mouvements et de couleurs. Diverses nationalités se croisent. Espagnols. Japonais, Coréens et… Bretons, tous sont attirés par un seul et unique objectif : pêcher le thon J’ai rendez-vous avec Patrick Botineau, le coordinateur de la Cobrecaf. L’homme est très occupé. Avec 20 bâtiments sous ses ordres, son emploi du temps est particulièrement chargé.
andre-le-bloaMais entre Bretons… Le Bavota nous attend. Ce thonier a de l’allure même s’il n’est plus tout jeune. L’histoire de ce bateau est à l’image de son capitaine. André Le Bloa. L’homme possède un solide pedigree. Dans les années 50, embarqué comme mousse à l’âge de 16 ans sur un navire basé à Dakar.

Port de Victoria, 24 janvier, 15 heures

Celui que l’on surnomme désormais Dédé va vivre les débuts d’une grande époque, celle de la pêche au thon tropical au large des côtes africaines. Depuis, Dédé a roulé sa bosse : trente-cinq années de pêche, dont dix-sept en tant que capitaine. Quant . à l’histoire de cette pêche, elle s’est déplacée pour s’écrire depuis le début des années 80 de l’autre côté du continent africain. dans l’océan Indien. En attendant, ma présence sur le pont intrigue. Je décline au gré de mes allées et venues mon identité et me fais connaître de l’équipage. composé d’une vingtaine de gaillards, tous plus solides les uns que les autres dont huit Bretons. Chacun s’active. On « fait le plein ».

Plein de gasoil mais aussi de vivres. d’eau et de sel. La campagne de pêche va durer de cinquante à soixante jours. Serge le chef mécano. Jean-Pierre son second et Morgan le frigoriste passeront une partie de la nuit à changer un roulement du moteur.

Port de Victoria, à bord du Bayota, 25 janvier, 7 heures

joel-le-bosco-1Dans sa famille, on est marin de père en fils. Vu de l’extérieur l’homme est trappe, impulsif, sans doute fort en gueule. Mais vu de l’intérieur ce type a sans conteste un coeur d’or. Quant à la pêche au thon, il est intarissable sur le sujet. Décodage. Il existe deux sortes de thons l’albacore (40 à 60 kilos pour 1,5 m de longueur) et le listao, plus petit et au ventre rayé. Les cales du Ba vota peuvent contenir de 500 à 1 000 tonnes de poisson. Le succès d’une campagne de pêche dépend de la réussite des coups de senne, cet immense filet de 1 500 mètres de long (pour 210 mètres de chute ou profondeur) qui entoure le banc de thons, appelé « matte ». Encore faut-il avoir l’oeil et le bon pour repérer les bancs de thons. Tout le problème est là. C’est une véritable chasse à laquelle vont se livrer les hommes du Bayota.

La pêche à la senne demande une patience infinie. Les yeux braqués sur l’océan, perché en haut du nid-de-pie (sorte de mât-tour de vigie de 18 mètres peche-a-la-senne-1de hauteur), l’homme de veille peut rester des heures, voire des jours et des semaines, sans repérer les bancs de thon.

Réveille en fanfare.

La corne de brume du Bavota crache tout ce qu’elle a dans le ventre pour rappeler les retardataires à l’ordre d’embarcation. Cap sur l’océan Indien ! Le navire s’éloigne laissant derrière lui l’agitation du port et ces paysages idylliques de carte postale. En moins d’une heure, l’eau s’étend à perte de vue, imposant sa fraîcheur agréable et ce rythme propre à l’océan. Petit à petit, la vie à bord s’installe. Des rôles ont été définis, attribués, un calendrier de quarts bien établi. Chacun devra respecter ce plan de vol. Pas facile de prendre ses repères et reveille-fanfare-1de se fondre dans l’univers du Bavota. Joël, le bosco, décortique les nouvelles d’un vieux Télégramme de Brest. Joël, c’est l’archétype du marin breton.

Dédé, au poste de pilotage

Il semble doué d’une vision multiple qui englobe à la fois l’horizon, le radar de route et le « radar oiseaux ». Quel joli nom que celui donné à cet appareil issu de la technologie japonaise, technologie dernier cri, mis au point il y a une dizaine d’années. Ce type de radar repère les oiseaux à plus de 20 milles d’un navire. Et, pour un marin-pêcheur de l’océan Indien, la présence de volatiles se traduit le plus souvent par la présence d’un banc de thons. Ajoutez à cela une oreille hypersensible aux moindres observations de l’équipage, et le nerf auditif de Dédé est alors en alerte maximale ! Le micro grésille. Jacques, le second, a repéré une épave. On fonce. A mes yeux, c’est juste un bout de tuyau vert qui flotte au gré des courants.

dede-bayota-1Dédé veille aux jumelles (fujinon 25×150 MT-SX)

Le Bayota, 30 janvier, vers midi

jacques-mollero-1Mais à bord, même si la pêche à la matte est plus sportive, on est loin de négliger la pêche à l’épave : on a vu tirer plus de 250 tonnes de thons sous un « machin flottant » comme celui-là Pour cette fois. inutile de s’attarder. Les quelques minutes passées au sonar ont suffi à détecter, sous la minuscule ombre produite par le tuyau, différentes espèces de poissons. Mais point de thons en quantité suffisante. Chou blanc, on repart. La veille reprend, mais le moral des troupes est intact. On « connaît bien la chanson ». En attendant que le saint patron de la pêche veuille bien sourire à l’équipage du Bavoro, je donne des nouvelles de Nevez, Trégunc, Concarneau, Lorient… On m’écoute attentivement. car voilà plus de cent jours que ces Bretons ont quitté le pays !

Océan Indien, le Bayota, 28 janvier

serge-trequier-1Rien… Rien que le rythme lent de l’attente. La peche à la senne demande une patience infinie. Les }eux braqués sur l’océan, perché en haut du nid-de-pie {sorte de mât-Four de vigie de 18 mètres de hauteur). les hommes de veille peuvent rester des heures. voire des jours et des semaines, sans repérer de matte ou d’épave. Une épave ? Quel rapport avec les thons ? Réponse : la gleurre. Toute épave. que ce soit un vieux bidon ou un bout de bois flottant sur l’eau. produit avec le temps et l’action de l’eau de la gleurre. Cette gleurre, substance planctonique et microbiologique, attire les petits poissons. dont la présence en attirent d’autres. plus gros. conne les thons !

Le Bayota, 30 janvier, vers midi

jean-pierre-rolland-1La radio crépite. C’est le grand Serge, capitaine du Kerguelen et ancien second de Dédé. Ces deux-là sont restés de bons amis. Il parle sur la VHF commune. Serge est dégoûté, dégoûté de ne pas retrouver ses radeaux-épaves jetés au gré de son plan de pêche il y a quelques semaines. Lors d’une campagne de pêche, la plupart des commandements mettent à l’eau un certain nombre d’épaves artificielles équipées de bouée émettrice et de balise Argos.

Malheureusement, et malgré toutes les précautions d’usage, la concurrence repère souvent la présence de ces épaves ennemies. Le premier sur zone profite alors en toute logique et sans a priori de l’information. Que se passe-t-il dans ce cas précis ? Le capitaine tente un coup de filet ou bien « cravate » votre balise et net la yoan-morvezen-1sienne en place, attendant le moment favorable ! Ni vue… mais bien connue, cette pratique de piratage a fait ses preuves, malheureusement. Serge et Dédé entament une petite conversation. On parle de choses et d’autres, sans rien dévoiler de sa tactique de pêche : les ondes ont des oreilles et les espions sont à l’écoute.

Le Bayota, poste de pilotage, 31 janvier, 6 h 30.

Les levers de soleil sur l’océan Indien ne laissent pas indifférent. Majesté de l’infini, petitesse de nos vies qui ballottent sur l’immensité de la mer. Parfois, une île apparaît… sur le radar de route. Le radar, c’est morgan-rolland-1l’instrument clé du poste de pilotage. Avec une imagination fertile on peut comparer les infos qui apparaissent sur l’écran à un vaste champ de bataille. De l’identité des bateaux à leur position, des compagnies qu’ils représentent – concurrentes ou amies – au cap qu’ils ont choisi, des balises que vous avez posées sur vos propres épaves artificielles… rien ne lui échappe.

 

Le Bayota, 31 janvier, 21 heures.

Le repas du soir achevé vient un moment attendu de tout l’équipage : le film. Chaque homme d’équipage embarque des cassettes et durant deux heures les esprits vagabondent au gré des histoires et des scénarios.
Sur le pont règne une atmosphère de quiétude. un moment sans âge. Yao le-bayota-1raconte… Il est Ivoirien et fils de marin. Il ne rêve que d’une chose : acheter un canot et vivre de la pêche là- bas. en Côte d’Ivoire. Avant d’aller retrouver les bras de Morphée. nous restons à discuter sur la façon dont les marins africains naviguent à l’aide des étoiles.

Le Bayota, comme tous les thoniers senneurs, est un bateau spécialisé dans la capture de bancs de thons au moyen d’un grand filet appelé la senne. Le senneur se distingue des autres bâtiments de pêche par son nid-de-pie, sorte de poste de vigie placé sur les hauteurs du navire.

Le Bayota, 1er février, 10 heures

bayota-10-h-1Toujours rien. Pas le moindre frémissement d’eau qui révélerait la .; présence d’une matte. Seulement l’océan et les rumeurs sonores d’un équipage aux aguets. Au dîner, l’ensemble de l’équipage m’interpelle. On me questionne. Vais-je évoquer les problèmes liés à la pêche ? La formation des nouveaux boscos, l’entente entre capitaines concurrents, les cours du poisson à la baisse… En plein océan Indien comme sur les quais de Concarneau, le sujet préoccupe les hommes.

 

Sur le pont règne une atmosphère de quiétude. un moment sans âge. Yao raconte… Il est Ivoirien et fils de yao-1marin. Il ne rêve que d’une chose : acheter un canot et vivre de la pêche là- bas, en Côte d’Ivoire. Avant d’aller retrouver les bras de Morphée. nous restons à discuter sur la façon dont les marins africains naviguent à l’aide des étoiles.

 

 

patrick-botineau-1

Patrick Bottineau. C’est l’homme clé, le lien entre Concarneau et Victoria. Coordinateur pour le compte de la Cobrecaf, il a sous sa responsabilité l’intégralité de la flotte concarnoise basée aux Seychelles.

Surprise ! ?

autre_thoniers-1Par le hublot de la salle commune, j’aperçois trois navires : un espagnol, le Kerguelen de Serge et un troisième, non identifiable, car trop éloigné. Une matte est en jeu, nous ne sommes pas encore en course, mais les spectateurs sont tous très attentifs : le Kerguelen, au prise avec les Espagnols, lance son filet ; quelques minutes passent… Trop tard, la matte, plus rapide, plonge ! On rentre alors dans la course, j’observe les opérations de la vigie. L’espagnol, plus puissant, nous barre la route. « c’est David contre Goliath », lance Dédé qui fait front rapidement et, d’une manoeuvre habile, nous rapproche de la matte. Goliath abandonne.
cuve-bayota-1Le Bayota possède 16 cuves de congélation représentant un volume de 1250 mètres cubes, permettant le stockage de plus de 800 tonnes de thons.
David aussi, après quelques essais infructueux. Nous avons les jambes trop courtes pour rattraper cette maudite matte. Du poste de pilotage, le capitaine est déçu. Mais cette incertitude constante rend la pêche au thon passionnante. « Une fois, j’ai vu suivre une matte de 8 heures du matin à 18 heures du soir ; j’ ai souvent failli abandonner le morceau, la course étant quelquefois trop rapide, mais l’obstination de Joël a primé : à 18 heures, le coup de filet a donné 100 lamines de gros !

andre-le-bloa-a-1André le Bloa

Capitaine du navire, a débuté sa carrière de marin à l’âge de 16 ans sur un navire basé à Dakar. Depuis, Dédé roule sa bosse : trente-cinq ans de pêche, dont dix-sept en tant que Capitaine.

Sous la chaleur tropicales,

le soleil vous enveloppe d’une douce caresse… C’est l’heure où Arfang. un carton à la main, fait sa prière sur le ponton. Ses litanies sont dirigées vers La Mecque. Je lui demande si les dieux sont avec nous, il rit « Puisse Allah exaucer nos prières ». coup-de-senne-bayota-1Et chose incroyable, cette journée fut bel et bien une journée à thons ! En début de soirée, la vigie repère une épave. Le morceau de bois fait à vue d’oeil environ deux mètres de long. La pêche est immédiate. Georges et Jean-Pierre prennent place à bord du skiff. La tête sortie de sa cabine de pilotage, Dédé abaisse son bras, le skiff glisse à l’eau et exécute un vaste demi-cercle. Le filet de senne recouvre l’ensemble de la zone de pêche tant il est immense. Cette fois, l’araignée a tissé sa toile et capturé sa proie.

georges-pezennec-1L’opération prend environ une heure, le treuil de senne ramène doucement la pêche. Chacun s’active. Sur le pont, Joël, accompagné de l0 autres matelots, remonte le filet. Les marins sont juchés en équilibre sur cette montagne de poissons. Jacques et Dédé supervisent les opérations au pupitre. La poche du filet est suffisamment réduite pour procéder au salabardage. On s’apprête à déverser les 30 tonnes de poissons dans un collecteur en transit vers les cuves de congélation. La moitié de l’équipage se retrouve au fond des cales pour trier le poisson.

 

Le Bayota, 31 Janvier, 21 heures

la-bayota-23-h-1Dès lors, le repas du soir est plus animé. Pour tous, ce n’est qu’un petit coup de filet de 30 tonnes, mais c’est le premier. Durant plusieurs jours, les coups de senne n’en finiront pas d’alourdir les cales du Bayota. Nous sommes à une journée de navigation du port. On va bientôt retrouver la terre ferme. Le pont ressemble à une fourmilière où chacun pare au plus pressé. En cinquante jours de mer, c’est ainsi, il n’y aura pas eu de répit.

Ile de Mahé, 6 fevrier, au petit matin.

ile-de-mahe-1Terre sous la brume, baignée dans une étrange lumière orangée, escale inattendue pour tout l’équipage, rompu pourtant depuis des années à ces allées et venues entre les Seychelles et Madagascar. Mais la magie des lieux est toujours aussi captivante, saisissante. Arrivé à quai, je descends. Les pieds sur la terre ferme. L’aventure se termine. Une dernière visite chez Dédé, seul capitaine marié à une Seychelloise et possédant une habitation sur l’île, un dernier repas sur le pont du Bavota, une dernière nuit, d’un voyage…

$zopim( function() { })